Un campus à la fine pointe de la technologie

Top-2_0Peu de projets auront un impact aussi grand que celui qu’obtiendra, à terme , le nouveau campus de l’Université de Montréal à Laval.

Équipé notamment de trois laboratoires de sciences infirmières à la fine pointe de la technologie, d’un laboratoire de kinésiologie, de quatre amphithéâtres reliés par visioconférence, d’une bibliothèque répondant aux normes actuelles les plus avancées et d’une clinique universitaire interprofessionnelle ouverte au public, le nouveau bâtiment de six étages sera prêt à accueillir 600 étudiants à temps plein de jour et 2500 étudiants à temps partiel de soir dès septembre 2011. Par la suite, ce sont près de 5000 étudiants qui visiteront le campus chaque session.

Vision à long terme

«Il y avait un campus satellite à Laval depuis plusieurs années», explique Manon Rivest, directrice du Bureau de l’enseignement régional. «Avec notre nouveau bâtiment situé en plein cœur de la Cité du savoir, nous avons créé un campus intégré qui offre un maximum de services sur place aux étudiants et à la population. En ce sens, le campus contribuera au rayonnement de la ville de Laval». À titre d’exemple, elle cite la bibliothèque qui rendra des collections importantes de livres, de revues et de journaux facilement accessibles à la population et participera à l’essor de la vie culturelle et éducative au centre-ville de Laval. «Notre bibliothèque, poursuit-elle, est composée d’abord d’aires communes dans lesquelles les gens peuvent circuler à leur aise et même discuter alors que des locaux sont prévus pour la lecture et pour le travail. C’est donc un environnement à la fois convivial et moderne.»

Première au Québec, la clinique universitaire interprofessionnelle jouera également un rôle clé pour l’ensemble de la communauté. De fait, des étudiants dans les différents domaines de l’intervention et de la santé travailleront directement auprès des enfants, des jeunes et de la famille, en lien avec le Centre de santé et de services sociaux de Laval. «Nos étudiants vont apprendre concrètement à travailler en interdisciplinarité, ce qui est un ajout majeur pour leur formation. De plus, comme on sait que les gens qui étudient dans un milieu ont tendance à y rester une fois leur formation complétée , nous sommes sûrs que nos étudiants viendront occuper des postes dans les secteurs de la santé et des services sociaux dans les régions de Laval, des Laurentides et de Lanaudière», précise Manon Rivest.

Innovations techniques

Le nouveau campus de l’Université de Montréal se distinguera également par les équipements de pointe et les avancées techniques dans le domaine des communications que l’on y trouvera. D’abord, le Laboratoire d’enseignement en science du mouvement, associé au département de kinésiologie, permettra l’analyse des mouvements chez les gens de tous âges, chez les athlètes et chez les personnes en situation de handicap. Le laboratoire sera également doté d’un dynamomètre isocinétique, un instrument d’avant-garde, ce qui constituera une première au pays.

De même, toutes les salles de cours et les amphithéâtres seront câblés, permettant le transfert d’information instantané entre les salles, mais également avec le campus principal situé à Montréal. «Il sera possible, par exemple, qu’un séminaire soit donné à Montréal et suivi en direct par des étudiants à Laval, ce qui nous permettra d’augmenter notre offre de cours, pour le plus grand bénéfice des étudiants et de la population », conclut Manon Rivest, avec enthousiasme.

Le nouveau campus de l’Université de Montréal à Laval présente des défis à tous les niveaux et pour Martin Troy, architecte de la firme Marosi + Troy Architectes qui signe le projet en consortium (Marosi Troy, Giasson Farregut, Jodoin Lamarre Pratte, architectes en consortium), le premier en est avanttout un de conception. « Nous nous sommes mesurés à d’autres grands architectes lors du concours, explique-t-il, et nous avons dû innover pour présenter un projet de grande qualité, tout en respectant une enveloppe budgétaire restreinte ».

Un bâtiment de brique et de verre

Pour y parvenir, la firme, qui avait déjà travaillé sur le campus de Longueuil de l’Université de Sherbrooke, a misé sur un revêtement de brique et de verre, ce qui a permis de créer un bâtiment aux lignes pures, à la jonction entre l’audace et le classicisme du campus mère, situé sur les flans du mont Royal. «Le bâtiment devait rappeler le campus de Montréal, précise l’architecte. Cette idée est au coeur même de notre conception». Ainsi, la brique choisie est d’une couleur jaune, semblable à celle utilisée sur les bâtiments de l’Université à Montréal que les étudiants peuvent d’ailleurs apercevoir à partir des étages supérieurs de l’édifice lavallois.

Toutefois, c’est surtout le mur-rideau qui fait face à la Place du Carillon qui permet au bâtiment de se démarquer. Composé de sections jointes horizontalement plutôt que verticalement, le mur permet à la fois de donner une certaine légèreté au bâtiment de six étages, tout en assurant un apport maximal de lumière naturelle dans les aires communes qui se trouvent à l’intérieur. Les architectes ont également conçu un motif fait de grands points jaunes sérigraphiés sur la surface qui donne un mouvement dans la façade en plus d’offrir un meilleur rendement énergétique.

Enfin, les architectes ont pu diminuer le nombre d’étages par rapport à ce qui était initialement prévu, réduisant par le fait même, l’ensemble des coûts de réalisation. «La forme en L du bâtiment a été dictée par les lignes de propriétés, d’autant plus que la Place du Carillon était déjà dessinée avant le début de la conception du bâtiment universitaire. Nous avons agrandi chacun des étages au maximum de façon à optimiser la superficie, tout en éliminant un étage », précise Martin Troy.

Planification et réalisation des espaces intérieurs

Les espaces intérieurs de l’Université ne sont pas en reste : avec un vaste atrium où trône un escalier monumental de cinq étages, les espaces communs seront certainement appréciés par les étudiants. Du côté du centre de documentation au deuxième étage, une attention particulière a été portée à l’apport de lumière naturelle, de sorte que l’espace y est particulièrement aéré et lumineux. Enfin, la firme Marosi + Troy a obtenu, en parallèle , le mandat de l’aménagement intérieur et de l’amélioration locative. Elle a créé un intérieur à la fois sobre, mais vivant, grâce à l’utilisation de gris et de blancs pour la majorité des murs et des planchers, tout en y ajoutant des couleurs fortes en accent. Le plancher du centre de documentation, par exemple, inclut des cercles au sol qui rappellent ceux du mur-rideau alors que les entrées des salles de toilettes sont orange et qu’à plusieurs endroits, des teintes de vert éclatantes ont été utilisées. «Nous avons réussi à faire un bâtiment de qualité, conclut Martin Troy. J’en suis vraiment très fier !»

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