Redéploiement du CUSM

Établi sur un grand plateau, près de la falaise Saint-Jacques, le futur Centre universitaire de santé McGill (CUSM) jouira d’un emplacement privilégié et d’une identité forte.

En effet, l’établissement intégré portera une signature architecturale unique et s’imprimera au coeur de la vie montréalaise, engageant le dialogue avec le paysage urbain. Ce chantier de 220 000 mètres carrés étalés sur 42 acres que Robert Hamilton, directeur principal du développement du Campus Glen du CUSM, pilote constitue un projet de redéploiement. Un terme qui comporte de très nombreux défis.

Complexité apprivoisée

Robert Hamilton, architecte de formation et rompu aux projets à grande échelle, a été impliqué dans le projet de redéploiement du CUSM en 2002. « Dès le départ, nous savions que ce chantier allait représenter un projet d’une envergure toute particulière, explique monsieur Hamilton. Cela s’explique non seulement par la vastitude du futur CUSM, mais aussi par la complexité que pose son aménagement, la technologie qu’il implique et la typologie des bâtiments dont il est constitué. En effet, nous sommes positionnés comme un centre hospitalier universitaire de pointe, qui fournira essentiellement des soins sur-spécialisés, c’est-à-dire de niveaux tertiaire et quaternaire. »

Au cœur de cet imposant projet travaille également une équipe dynamique , dirigée par Imma Franco, directrice associée à la planification des programmes et services, qui a revu l’ensemble des programmes et des services qui feront partie du campus Glen et des autres sites du Centre. Une tâche colossale qui s’est étalée sur plusieurs mois.

Vaste consultation pour trouver la « recette » du nouveau Centre

Plusieurs principes ont guidé l’action de l’équipe de madame Franco tout au long du processus de reconfiguration des services : « Nous avons d’abord élaboré des critères de conception basés sur les meilleures pratiques, telles que nous les avons observées dans d’autres centres hospitaliers universitaires ailleurs dans le monde. »

Puis, l’équipe d’Imma Franco, en collaboration avec le Consortium, a mené une vaste consultation tant auprès de représentants des employés que des usagers, au cours de laquelle elle a traduit en mots, en chiffres et en schémas les différents besoins en termes d’organisation et de configuration des espaces, qu’ils soient d’ordre clinique, d’enseignement ou de recherche. Pour la directrice associée, il était essentiel de sonder ainsi les professionnels qui travailleront dans le nouveau CUSM, car ce sont eux qui savent si les projections sont fonctionnelles et si elles répondent vraiment à leurs attentes.

Un casse-tête de milliers de pièces… monté de main de maître

Son équipe a également été confrontée à plusieurs défis afin de s’assurer que les services tels que projetés dans le nouveau Centre sont positionnés de manière optimale et agencés avec ceux qui leur sont complémentaires. En d’autres mots, elle s’est assurée que les pièces du casse-tête forment un tout cohérent , qui permettra aux équipes sur le terrain d’être efficaces et aux patients de recevoir les meilleurs soins possible.

Tous sont à mettre la touche finale à cet impressionnant processus au cours du printemps 2012. « En tout, ce sont environ 12 000 pièces qui constitueront le campus Glen, des chambres de patients aux salles d’opération, en pas sant par les laboratoires, les salles de conférence, le plateau multifonctionnel et les postes d’observation », annonce-t-elle fièrement.

Contigüité = efficacité

«Il est prouvé que la contiguïté, c’est-à-dire la disposition à proximité d’éléments qui sont inter-reliés et complémentaires, a une incidence directe sur l’efficience d’une organisation comme un centre hospitalier, explique Imma Franco. Ce critère a été au coeur de nos choix dans le futur CUSM. Ainsi, tout au long du développement de notre programme fonctionnel et technique, nous avons établi des contigüit.s prioritaires. »

Dans un contexte de contigüité, on rapproche à la fois l’équipement médical et le personnel du patient, ce qui améliore son confort, diminue les déplacements et, au bout du compte, est beaucoup plus profitable pour tous. Dans la même optique, les équipes multidisciplinaires se trouvant physiquement proches les unes des autres, cela permet d’améliorer la qualité des soins dispensés.

Les avantages multiples des chambres individuelles

Le campus Glen offrira exclusivement des chambres individuelles, une première au Québec et un fait rarissime au Canada. Suffisamment vastes, de surcroît, pour recevoir l’équipement médical nécessaire à la promulgation de soins ou à l’administration de tests. «La littérature à ce sujet est très claire, assure Mme Franco : en plus de réduire la transmission des infections, les chambres solo peuvent contribuer à réduire la durée moyenne de séjour et ne présentent que des avantages.»

Une autre des innovations du nouveau CUSM réside dans la configuration des urgences et dans l’aménagement de corridors séparés. Ces derniers feront en sorte que les visiteurs et les patients des cliniques externes ne se retrouveront jamais dans le même ascenseur ou corridor que les patients sur civières.

Une fois la disposition physique des services et installations bien établie, il reste maintenant à travailler sur la fluidité de la circulation des personnes à travers cette vaste superficie. «Tout a été réfléchi et organisé en fonction de simplifier l’expérience des patients. C’est pour cela que nous pouvons affirmer qu’un patient ou un visiteur qui arrivera au nouveau CUSM sera accueilli chez nous comme il ne l’est probablement pas ailleurs.»

Une construction d’envergure digne du XXIe siècle

De l’avis de Robert Hamilton, les missions fondamentales d’un centre hospitalier universitaire, soit les soins cliniques, l’enseignement et la recherche, se trouvent grandement valorisées dans un projet comme le redéploiement du CUSM, puisqu’elles sont regroupé es et mises en complémentar i té. Selon lui , cette synergie permettra d’attirer et de conserver les meilleures ressources dans les secteurs de pointe.

De plus, de nombreuses initiatives ont été mises en oeuvre  au cours de la conception du futur CUSM qui lui permettront  d’obtenir la prestigieuse certification LEED argent. « En tant  que citoyens responsables, nous avons mis sur pied un comité  de développement durable dès le début du projet de redéploiement,  indique monsieur Hamilton. Ainsi, nous nous sommes fixé des  cibles de consommation d’énergie beaucoup plus ambitieuses  que dans d’autre immeubles du même type. »

« De plus, nous avons réfléchi le site en y intégrant des liens vers les transports en commun, des pistes cyclables, des stationnements pour vélos et des sentiers aménagés, poursuit Robert Hamilton. Avec ses accès vers les quartiers Notre-Dame-de-Grâce, Westmount et Saint-Henri, nous avons cherché à désenclaver le site, à le laisser prendre sa place dans la ville. À terme, cela nous permettra d’avoir des occasions d’expansion, selon les besoins. »

Élégance et raffinement dans un lieu public humain et chaleureux

Voilà des épithètes rarement accolées à des projets de centreshospitaliers et qui reviennent pourtant souvent dans les propos du directeur Hamilton. «Nous envisageons l’ensemble du site comme un campus, un lieu public. Ainsi, nous mettons tout en oeuvre pour ne pas avoir l’air «institutionnel» dans le sens froid du mot, d’où la présence de commerces, de galeries intérieures et de cafés, autant de lieux de rencontre et d’échange.»

«Par ailleurs, nous accorderons une grande importance à la présence d’oeuvres d’art et de pièces patrimoniales, certaines rapatriées des hôpitaux existants, d’autres créées sur mesure dans le nouveau CUSM, car pour nous, l’esthétisme, l’élégance et le raffinement font également partie des concepts qui guident notre action. Nous voulons ainsi enrichir l’expérience de l’ensemble des personnes qui transiteront dans notre environnement.»

«Il est rare que l’occasion se présente de piloter un projet de cette envergure, qui signe, d’une certaine manière, une image pour une ville. C’est le destin que je souhaite au CUSM : qu’il s’inscrive dans l’évolution de la dispensation des soins de santé actuels et du futur de classe mondiale», conclut l’architecte.

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