NA 30, une équipe de 300 spécialistes maîtres d’oeuvre de ce méga-projet

Le projet, réalisé en partenariat public-privé est colossal: 42 km de route, 32 ouvrages d’art, parmi lesquels 23 ponts d’étagement, deux échangeurs d’autoroutes et sept échangeurs de routes.

Le Consortium Nouvelle Autoroute 30 s.e.n.c. (NA30CJV) est formé à parts égales de deux compagnies espagnoles : Acciona et Iridium. C’est avec lui qu’a été signé, le 25 septembre 2008, le contrat de parachèvement de l’autoroute 30 avec le ministère des Transports du Québec. « Le mandat général consiste en la conception et la construction de l’ensemble du projet autoroutier, qui totalise 42 km, en quatre ans et trois mois, indique Denis Léonard, ingénieur et directeur général de NA30CJV. L’exploitation, le financement et la réhabilitation du projet pour les 30 prochaines années, soit jusqu’en 2042, fait aussi partie de l’entente que nous avons conclue avec le gouvernement provincial. »

Des défis techniques à la pelle

Si les échéanciers constituent toujours un impondérable et une source de réflexion dans le cadre d’une réalisation comme le parachèvement de l’autoroute 30, nombreux sont les déf is techniques posés par la mise en oeuvre d’un si imposant projet et ils se situent à plusieurs niveaux. Pour Denis Léonard, la construction des ponts constitue l’un de ces défis. De plus, un total de 918 poutres de béton pré contraint longues de 42 mètres ont été nécessaires, seulement pour la construction des 23 ouvrages d’art, ponts et ponts d’étagement, ce qui est l’équivalent de 37 km de poutres.

L’arrimage des st ructures, avec les multiples intervenants impliqués dans le projet, incluant Hydro-Québec, le CanadienNational et les représentants de la voie maritime du Saint-Laurent, a aussi constitué un défi de taille . De même, NA30CJV se devait de respecter ses responsabilités envers les usagers de la route, puisqu’elle avait le mandat d’assurer la fluidité de la circulationen tout temps, sur les portions de route accessibles.

Un bateau… sous le canal

La nature des sols, très argileux, a également complexifié le travail des ingénieurs et des ressources professionnels impliquées dans le projet, divisé en cinq parties distinctes. Aussi, pour illustrer l’innovation dont a dû faire preuve l’équipe de NA30CJV pour tenir compte de la composition particulière des sols, monsieur Léonard cite l’exemple de la construction en deux phases du tunnel du canal de Soulanges, long de 90 mètres, dans lequel un « bateau», c’est-à- dire une dalle de béton de près de deux mètres d’épaisseur, a été installée. Celle-ci flotte littéralement sur l’argile et supporte l’autoroute 30, la route 338 et le tunnel.

Du polystyrène pour solidifier l’argile

L’argile ayant une capacité portante limitée et présentant la particularité de s’affaisser sous un poids trop important , cette difficulté. La solution préconisée par NA30CJV a été de faire des remblais temporaires dits légers, formés notamment de gros blocs de polystyrène et établis plus hauts que ceux prévus, afin que l’argile se compresse rapidement et qu’elle atteigne son niveau de compaction maximal rapidement. « Nous avons d’ailleurs accéléré le processus par l’installation de drains verticaux, insérés dans l’argile tous les mètres, afin d’en extraire l’eau de manière plus rapide et d’atteindre la compaction résiduelle souhaitée », précise Denis Léonard.

Anti-sismique au maximum

Une autre des innovations que l’équipe gérée par Denis Léonard a mise en oeuvre visait à inclure , dans les critères de conception, l’assurance que les ponts construits dans le cadre du projet seraient absolument résistants à toute secousse sismique. L’équipe a d’ailleurs atteint l’occurrence d’un effondrement tous les 2000 ans plutôt que tous les 450 ans, comme c’est le cas dans le cadre d’ouvrages traditionnellement construits au Québec. Il s’agit d’une particularité importante qui fera en sorte que si, un tremblement de terre secouait le Québec, les axes routiers majeurs comme l’autoroute 30 demeureraient fonctionnels pour permettre la libre circulation des véhicules d’urgence. Pour assurer cette caractéristique anti-sismique, NA30CJV a procédé à l’ajout d’appuis sismiques tripendiculaires brevetés, conçus à San Francisco, sur les tabliers des ponts. Cet ajout a permis d’isoler le poids des tabliers et de permettre le mouvement dans trois directions sur le plan horizontal. Advenant un séisme, ils resteront en position et ne subiront pas de dommage. Cette innovation permet également de diminuer de beaucoup le nombre de joints d’expansion présents.

En conclusion, tant par sa complexité que par la nécessité d’effectuer plusieurs opérations en simultané et de coordonner le travail et l’intervention de centaines de personnes, le projet de parachèvement de l’autoroute 30 a représenté un défi pour l’équipe de NA30CJV, mais aussi pour l’ensemble des entrepreneurs québécois. «À cet effet, je suis fier de dire que 90 % des contrats concernant ce chantier ont été donnés à des entrepreneurs québécois », souligne Denis Léonard. Plusieurs des structures sont déjà en opération, les travaux avancent à très bon rythme et le directeur général est formel : l’ensemble des travaux seront terminés à temps, soit en décembre 2012.

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