Maison Terrebonne

Née de la transformation extrême d’un bungalow typique des années 80, la Maison Terrebonne prend place sur un vaste terrain généreusement boisé. La nouvelle résidence repose sur les mêmes fondations et planchers que la maison initiale en plus de conserver l’une de ses caractéristiques principales : les demi-niveaux. Ce principe est à la genèse de la nouvelle architecture du bâtiment. Le projet fut conçu afin de répondre aux besoins d’une personne vivant seule. Malgré une petite superficie habitable d’à peine 1 500 pi2, la résidence offre des pièces vastes et ouvertes, où la lumière naturelle abonde.

Stationnement couvert Crédit photo : Maxime Brouillet
Stationnement couvert Crédit photo : Maxime Brouillet

Aujourd’hui composée de trois demi-niveaux, chacun des paliers répond à des fonctions distinctes, permettant d’établir une hiérarchie claire entre les zones intimes et celles communes. Ouvertes l’une sur l’autre, ces différentes zones sont simplement divisées par le seuil que créent les volées d’escalier. Directement accessible de l’abri d’auto et en continuité avec le niveau du sol extérieur se retrouve le premier des trois paliers, intégrant le vestibule ainsi qu’un petit espace bureau. Bien qu’ouverte, cette zone reste en retrait et dissimulée des espaces de vie du niveau supérieur. Une fois arrivé dans l’axe de l’escalier menant au second palier, on fait face à une large baie vitrée cadrant le boisé arrière. À l’interstice entre tous ces paliers, un volume pur et cubique crée naturellement l’intimité entre les zones et autour duquel gravite la circulation. L’effet de bloc est renforcé par un détachement du plafond, permettant à la fois une fluidité du regard et la circulation de la lumière naturelle.

Vue de la chambre Crédit photo : Maxime Brouillet
Vue de la chambre Crédit photo : Maxime Brouillet

L’escalier et la coursive menant vers la suite privée de la propriétaire, située au niveau supérieur, se glisse à l’arrière de ce volume central, tout en offrant une vue magnifique vers les paliers inférieurs. À l’intérieur du cube se camoufle une salle de bain minimaliste et épurée, sans porte, où seule la configuration des cloisons préserve l’intimité. L’espace entre le haut des murs et le plafond baigne la pièce d’une lumière diffuse et crée une atmosphère apaisante empreinte de calme, évoluant selon l’heure du jour.

De l’intérieur, plancher et cloisons sont entièrement recouverts d’une mosaïque de pâte de verre blanc perle. D’un blanc immaculé, la pièce est simplement meublée de deux blocs minimalistes : le bain et le meuble lavabo. Afin d’accentuer l’aspect monolithique du meuble, les portes et tiroirs au fini lisse et mat ont été disposés de part et d’autre de manière à éviter les divisions à l’avant, tandis qu’au dessus, le lavabo en Corian est moulé à même le comptoir. Un mince coup de pied détache le meuble du sol et procure à la salle de bain une impression d’espace et de légèreté.

Tout au fond se niche la chambre, partiellement ouverte vers les espaces de vie. Par souci d’intimité, les fenêtres avant forment de longs bandeaux. À l’arrière, la chambre se prolonge vers le boisé par une loggia extérieure, où murs et plafond s’alignent parfaitement avec l’intérieur, cadrant la perspective sur le paysage.

Vue à travers la maison Crédit photo : Maxime Brouillet
Vue à travers la maison Crédit photo : Maxime Brouillet

De l’intérieur, la maison s’ouvre complètement à la nature pour offrir aux occupants des vues sur un tableau en constante évolution. La blancheur des espaces intérieurs joue le rôle de canevas, accueillant les couleurs du paysage extérieur au fil des saisons, permettant d’expérimenter autrement les lieux de vie continuellement changeants. L’ambiance créée par l’amalgame sobre de matériaux et textures confère à la maison une beauté intemporelle.

L’extérieur, entièrement revêtu de clin de cèdre de l’est laissé naturel grisaillera avec le temps afin de s’estomper et s’apparenter d’avantage à l’écorce des arbres environnants. De simples ouvertures, entourées de cadres noirs, ponctuent le volume minimaliste de la maison. Donnant l’impression d’avoir été évidé, l’ancien garage a fait place à un espace de stationnement couvert et traversant. Cette perforation crée une transparence qui, tout comme les grandes ouvertures, laisse toute la place à la nature

À propos de La SHED architecture

En tant que firme d’architectes oeuvrant majoritairement dans les domaines résidentiel et commercial, la SHED a développé à ce jour une grande expertise dans la rénovation, la transformation et la construction d’immeubles de tout genre et de toute époque. Ouverture, lumière et alignement sont à la base des projets réalisés par le studio. Les réalisations se démarquent par des aménagements fonctionnels et résolument contemporains et par l’utilisation de matériaux durables, abordables et classiques.

L’importance accordée aux détails de finition et la qualité des projets réalisés sont, entre autres, le résultat d’un suivi serré durant tout le processus d’élaboration du projet, jusqu’à la toute fin des travaux. Le réaménagement d’espaces exigus, l’utilisation optimale de l’espace, et composer avec des budgets précis et restreints sont des contraintes avec lesquelles la SHED a l’habitude de travailler, réussissant avec brio à concevoir des espaces de vie séduisants et bien pensés.

Formée au départ de trois architectes associés et cofondateurs, Sébastien Parent, Yannick Laurin et Renée Mailhot, et de trois talentueux employés, La SHED est née d’une passion commune de l’architecture, du design et de Montréal. Le studio se veut à l’image d’une nouvelle relation à l’architecture, une relation où faire appel à un architecte ne serait pas plus étrange que de faire appel à un webmestre. Une relation où concevoir un lieu de vie à son image ne relèverait ni du luxe, ni de l’utopie.

La SHED propose à ses clients une approche innovatrice et participative pour la réalisation de projets de rénovation, d’agrandissement et de construction neuve. Cette approche rend accessible les services d’un architecte pour toute échelle de projet et tout budget.

C’est d’ailleurs dans cet objectif d’accessibilité que la firme a choisi de s’installer dans une boutique ayant pignon sur rue. L’atelier de travail, visible de la rue, est configuré de manière à optimiser le travail d’équipe, une force essentielle contribuant à stimuler la créativité. Les idées les moins fortes sont éliminées au profit des plus créatives. Et si la synergie de l’équipe se sent dans la ligne directrice des projets, elle se sent aussi dans la conviction que l’architecture peut se faire différemment en développant une véritable complicité avec les particuliers qui choisissent de voir leur cadre de vie inventé, ou réinventé.

Couronnée d’un succès d’estime dès la Maison Demers, le deuxième projet des trois architectes, la SHED a depuis été mise en lumière par nombre de revues spécialisées et prix de design. Mais si l’équipe est aujourd’hui formée de neuf membres, toutes les décisions sont comme au premier jour « soumises au conseil », autour de cette même grande table.

Nom du projet : Maison Terrebonne
Localisation : Terrebonne, Québec, Canada
Architecte : la SHED architecture
Date de fin des travaux : Octobre 2014
Crédits photos : Maxime Brouillet

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