Le nouveau CHUM parmi les grands

Le CHUM accueille chaque année plus d’un demi-million de patients. Des gens issus en majorité de la région métropolitaine, mais aussi d’ailleurs au Québec et parfois même de l’extérieur de la province. Bâtir le nouveau CHUM, l’un des plus grands en Amérique du Nord, est un défi de taille, auquel participe toute une équipe mobilisée à l’interne. Pour le personnel du CHUM, dont l’équipe de projet du 275, rue Viger, l’ouverture du nouveau centre hospitalier universitaire de calibre international est un véritable projet de société.

Paul E. Landry, le directeur de projet pour le nouveau CHUM depuis l’été 2010, avait déjà mené deux projets de construction hospitaliers d’envergure, en Ontario. M. Landry remplit son mandat avec à ses côtés quatre équipes qui chapeautent des volets distincts: une équipe construction et ingénierie, une équipe clinique, une équipe équipements médicaux et technologies de l’information (TI) et une équipe service de soutien et logistique.

Fort de son expérience en planification et développement de centres hospitaliers, Paul E. Landry a accepté le mandat avec en tête deux objectifs: tout faire pour contribuer à la réussite de ce grand projet de société et optimiser les ressources humaines en place. Pour ce faire, il a mis en place un important organigramme regroupant une soixantaine de professionnels qui travaillent à la planification et à la gestion du projet.

Parmi les postes clefs, il devait recruter un responsable pour le volet construction et ingénierie. M. Landry s’est ainsi tout naturellement tourné vers les ressources à l’interne et a embauché, en décembre 2010, Jacques Morency, qui participait déjà à la rédaction des exigences de performance pour le CRCHUM. Ingénieur de formation, M. Morency travaille dans le milieu de l’ingénierie hospitalière depuis 1983. Au CHUM depuis 1999, il tire son expérience dans la transformation et la modernisation des hôpitaux existants (Hôtel-Dieu, Hôpital Notre-Dame et Hôpital Saint-Luc)

Un devis de performance suivi à la lettre

Le rôle premier de l’équipe de planification et développement a été de préparer l’appel d’offres avec les autorités publiques (Infrastructure Québec) et l’équipe du directeur exécutif pour la réalisation des hôpitaux universitaires à Montréal, M. Clermont Gignac, sous l’autorité du ministère de la Santé et des Services sociaux. Un appel d’offres qui renfermait beaucoup d’exigences au niveau de la construction elle-même, la qualité de la construction, la gestion du projet, les exigences techniques et de performance du bâtiment, des espaces cliniques et non cliniques.

Le partenaire de construction, le consortium Collectif Santé Montréal, a été soumis à des exigences très spécifiques par le biais d’un devis de performance et de fonctionnalité, «un programme fonctionnel et technique (PFT) à incorporer dans la conception du bâtiment; autant la fonctionnalité clinique de nombreux services et spécialités que la fonctionnalité non clinique, les services alimentaires et d’hygiène et salubrité par exemple, qui doivent également être intégrés dans la conception du bâtiment. En plus de tous les systèmes mécaniques, électriques et de transport automatisé…», explique Paul E. Landry.

« En construction, le principal défi c’est de toujours garder un œil sur l’entrepreneur, de s’assurer qu’il a instauré tous les contrôles de qualité à mesure qu’il progresse, renchérit Jacques Morency. Notre rôle principal est de vérifier qu’il respecte bien cet engagement ».

À ce jour, l’échéancier de 102 mois est respecté. En décembre 2012, on devrait voir la structure de l’hôpital s’élever de l’immense trou et atteindre son plus haut niveau de 20 étages au printemps 2014.

Une ingénierie des plus modernes

La prévention des infections est une préoccupation majeure dans le milieu hospitalier, explique Jacques Morency. «Elle nous guide notamment lors de la conception et de la construction des nouvelles installations. À titre d’exemple, côté ingénierie, on a travaillé beaucoup sur la qualité de l’air. C’est un volet de la prévention des infections qu’on a beaucoup développé au cours des dix dernières années.»

«Autrefois, on installait un système de distribution d’air et tout l’hôpital respirait le même air. Aujourd’hui, c’est différent: on a adopté un système à 100 % d’air frais, c’est-à-dire qu’on entre de l’air dans le bâtiment, on le respire et on l’évacue dehors. Le désavantage c’est que cette méthode est coûteuse en énergie. Alors pour éviter la surconsommation, on a installé un système assez novateur de roue thermique, qui permet par un échange presque moléculaire de transférer la chaleur entre l’air propre et l’air qui sort, et ce, sans contamination. C’est un standard de développement dans les centres hospitaliers», ajoute M. Morency.

Les croissances fongiques, la nature définie et la radioprotection sont aussi des aspects sur lesquels on se penche sérieusement. «Avec des appareils qui émettent des radiations, on calcule tout… Combien d’examens par jour, dans quelle direction seront orientés les rayons, qu’y-a-t-il de l’autre côté du mur… un bureau? Un entrepôt? Et puis on dessine la radioprotection en fonction des appareils qu’on installera. On applique la même procédure pour la radio-oncologie, les appareils de radiographie et d’imagerie médicale.»

Autre sujet d’ingénierie important, c’est le concept du bâtiment intelligent. Il y aura, dans les entrailles du bâtiment, un gros ordinateur qui contrôle tout.

Cet ordinateur appelé «système de gestion de bâtiment» contrôlera tous les paramètres environnementaux de l’hôpital. Et parallèlement à cela, on a prévu différents systèmes informatiques interreliés. On parle de près de 10 systèmes médicaux disposant d’applications médicales ou techniques qui partagent la même infrastructure.

Un exemple qui impressionne M. Landry est celui des salles d’opération intégrées. «On retrouve, dans un bloc opératoire des systèmes de TI très importants liés à la fois à la gestion du bloc et aussi du côté multimédia pour remplir notre mission d’enseignement. Ainsi, une chirurgie en cours pourra être diffusée en direct dans une salle de conférence ou un amphithéâtre via les caméras qui se trouvent à l’intérieur des bras articulés et des lumières de la salle d’opération. Cet exemple illustre bien notre innovation au niveau des équipements médicaux et de la diffusion du savoir…»

Des défis considérables, mais surmontables!

Situé à un jet de pierre de l’Hôpital Saint-Luc, qui sera éventuellement démoli pour laisser place à la phase trois du futur hôpital, le nouveau CHUM est un projet majeur qui a déjà beaucoup d’impact sur l’hôpital actuel. «On a creusé 60 pi dans la terre, et ce, à 2 pi de Saint-Luc et l’on construira 20 étages à cette distance, c’est-à-dire presque collés sur le bâtiment existant. Un hôpital, c’est ouvert 24 heures sur 24 et il ne faudrait pas penser qu’on pourrait se rattraper le soir et les fins de semaine parce que les patients dorment, explique M. Morency. L’accessibilité et le maintien des opérations représentent tout un défi quand on aborde ce type de chantier dans l’univers complexe d’un hôpital.»

Par exemple, si l’on veut procéder à une interruption de courant et qu’il y a une greffe en cours, il faut s’ajuster. «On ne dit pas au médecin “ tu feras ta greffe demain, là il faut que je coupe le courant ”… alors, il y a toute une équipe en place pour gérer ces opérations. » Rues et trottoirs barrés, bruit, poussière, contaminants sont d’autres exemples que cette équipe doit gérer au quotidien. « On a fermé Viger pendant trois mois pour construire un tunnel… Or, cette rue était le principal accès pour les ambulances, alors il a fallu repenser et négocier avec la Ville de Montréal, les pompiers, les ambulanciers et les policiers pour réorganiser le tout», ajoute-t-il.

Pour excaver la première aile, le bloc D, on a dû procéder à 375 dynamitages. Or, pour chaque dynamitage, un contact s’est établi entre l’hôpital, les équipes de messieurs Landry et Morency et le constructeur pour s’assurer que c’était possible. Il y a eu jusqu’à huit à dix dynamitages par jour pendant trois mois! Nous avons mis en place tout un système de contrôle de l’environnement dans l’hôpital: sonomètres, sismographes, lecteurs de particules en suspension…

Les deux hommes s’entendent pour dire que la fierté collective, c’est d’avoir la chance de participer à la construction d’un hôpital d’une nature exceptionnelle et parmi les plus renommés au monde. Après quoi, il reviendra au personnel de le faire fleurir… «Ajoutons à cela la transformation des trois sites existants qui déménageront ensuite dans un nouveau centre… un très beau bâtiment qui représente l’occasion d’améliorer les services cliniques et de support, voire de les optimiser. Ceci aura certainement un impact positif pour le futur», termine M. Landry

www.nouveauchum.com

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