CRCHUM: ouverture en septembre 2013

Le Centre de recherche du CHUM (CRCHUM) n’est pas encore livré que l’on parle déjà de sa renommée au niveau international. Situé au sud de la rue Viger, à quelques pas du centre hospitalier, le CRCHUM est composé de deux tours juxtaposées, situées de part et d’autre des tunnels du métro Champ-de-Mars et de l’auto­route Ville-Marie. Le Centre de recherche et le Centre intégré d’enseignement et de formation (CIEF) accueilleront leurs premiers usagers dès l’automne 2013. Un projet de 470 M$ certifié LEED Argent.

La Tour Saint-Antoine est érigée à l’angle des rues Saint-Antoine et Guy-Frégault. Elle comprend six étages en béton armé et abritera pour sa part la portion administrative. La Tour Viger, reliée à l’autre tour par une passerelle aérienne, est sise au coin des rues Viger et Guy-Frégault. Elle renferme quinze étages en béton armé et deux niveaux de mezzanine en acier.

L’ensemble de ce bâtiment est dédié à la recherche et aux activités cliniques du CRCHUM, à l’exception de deux étages (2 et 3) qui seront occupés par le CIEF.

La construction de cette première phase du mégaprojet de construction du CHUM avance à la vitesse grand V. Sous terre, le CRCHUM sera relié au centre hospitalier au moyen d’un corridor. Un autre tunnel piétonnier constitué de modules en béton préfabriqué agencés à même le chantier lui donne un accès direct à la station de métro Champ-de-Mars.

Quant à l’aspect LEED, les équipes sur le terrain sont sensibles aux enjeux environnementaux touchant les points suivants: l’aménagement écologique du site, la gestion efficace de l’eau, le souci dans le choix des matériaux et des ressources, une saine utilisation de l’énergie, la qualité de l’environnement intérieur et l’innovation.

Un centre de recherche de calibre international

Avec ses 68 000 m2, le CRCHUM sera l’un des plus imposants centres de recherche en Amérique du Nord. Un véritable défi de gestion, d’ingénierie et de coordination, diront tour à tour les trois têtes dirigeantes du côté des partenaires de conception et de construction, qui travaillent de concert pour faire de ce grand projet une réussite.

Les responsabilités d’Accès Recherche Montréal (ARM), une société en commandite formée de Fiera Axium Infrastructure et Meridiam Infrastructure menée de front par monsieur Rémi Couineau, englobent la conception, la construction, l’exploitation, la maintenance et l’entretien du CRCHUM depuis qu’a été signée l’entente, le 26 mai 2010. Pour reprendre les mots de monsieur Couineau, la société est une «constellation» entre le Consortium Pomerleau Verreault S.E.N.C., à qui a été confiée la réalisation des activités de conception et de construction, et la compagnie Honeywell, qui assurera la maintenance et l’entretien pour la durée de la concession de 30 ans.

Si ARM chapeaute l’intégralité du projet, il lui revenait également l’obligation de mettre en place le financement à long terme. En conséquence, le président d’ARM, Rémi Couineau, devient le point de contact unique entre le représentant du client, le CRCHUM, les investisseurs, les prêteurs, le directeur de projet pour le Consortium Pomerleau-Verreault S.E.N.C., Marc Verreault, et les représentants d’Honeywell, avec qui il s’assied d’ailleurs régulièrement pour suivre de près l’évolution du projet de construction du bâtiment qui devrait être inauguré le 30 septembre 2013.

La gestion d’une entente sur trente ans

Au début, les actionnaires sont arrivés dans un contexte de marché international difficile, explique-t-il. Mais, aujourd’hui, le financement est attaché sur le long terme et il n’y a plus d’incertitude à ce niveau. Un des enjeux rencontrés est celui de la conception et de la construction en parallèle, une méthode appelée fast-track, qui consiste à établir les paramètres principaux pour ainsi pouvoir commencer à ériger la structure avant d’avoir complètement terminé le travail de conception. Un défi déterminant dans un contexte de construction où il se produit beaucoup d’interactions technologiques en simultanée.

«Par contre, un des avantages significatifs à ce niveau-là, c’est que notre partenaire, l’exploitant Honeywell, est à la table de discussion depuis les débuts. Cela nous a permis d’optimiser les impératifs d’opération et de la maintenance dès le début de la conception, et ce, tout au long de la construction.»

Dès qu’une portion est terminée, on procède à la mise en service. Maintenant que la conception est essentiellement terminée, la planification de la mise en service et de la phase d’opération du CRCHUM constituent les principales préoccupations d’ARM.

Le fait que les exigences du CRCHUM soient très claires depuis le début de la conception et renforcées par des pénalités financières substantielles, a permis à ARM de garantir un prix ferme non seulement pour la conception et la construction, mais pour la maintenance au cours des trente prochaines années. Ainsi, l’enjeu actuel est de rentrer dans les temps pour livrer la bâtisse.

Les experts sur le terrain

De son côté, M. Verreault est impliqué dans le projet depuis 2008, année où Infrastructure Québec lançait son premier appel d’offres pour la conception et la construction du CRCHUM. Au printemps 2010, le Consortium décrochait ledit contrat et se mobilisait pour procéder à la première étape: démolir l’édifice Vidéotron basé au coin de Viger et Saint-Denis.

L’ingénieur civil de formation, responsable de la conception et de la construction du CRCHUM, explique son rôle en trois temps: consolider les équipes (ingénieurs, architectes, consultants, directeurs, etc.) et négocier des ententes avec chacune d’entre elles; organiser et faire fonctionner des bureaux de projets spécifiques à la conception pour les architectes et ingénieurs du projet; faire le lien entre les équipes des trois partenaires: les employés du Consortium, issus soit de Pomerleau ou de Verreault, les représentants du partenaire public, le CRCHUM, et ceux du partenaire privé, Accès Recherche Montréal. Il doit enfin assurer la cohésion des différentes équipes et garder en tête les objectifs du projet et s’assurer qu’ils soient respectés. Trois rôles qu’il réduit à trois objectifs: coût, échéancier et performance.

«Je suis le chef d’orchestre du Consortium Pomerleau-Verreault, explique M. Verreault. Je tiens la baguette, mais ce sont tous les membres de l’équipe du Consortium qui travaillent très fort», admet-il humblement. Pour lui, le fait que le CRCHUM soit le premier projet d’une telle envergure à avoir été construit en mode partenariat public-privé (PPP) s’est avéré être un véritable défi en soi.

Les défis du PPP

Rappelons que, contrairement aux projets de construction standards, où l’on construit et l’on remet les clefs, l’approche PPP va consister à confier un projet dans sa globalité à un même partenaire. Dans le cas du projet de construction du CRCHUM, le Consortium Pomerleau-Verreault agit sous l’œil attentif d’ARM, le grand responsable de la conception, la construction, de la mise en service et de la livraison des installations.

«Il nous a fallu nous adapter et assimiler rapidement les exigences de la réalisation d’un projet en PPP. Il fallait s’assurer qu’en cours de route, les changements apportés ne nuisent pas à notre partenaire Honeywell, qui va assurer l’entretien et la maintenance du complexe pour les 30 prochaines années.»

Marc Verreault entretient également une relation étroite avec ses différents partenaires. Tandis qu’ils discutent ensemble d’autres scénarios proposés, aucune décision n’est prise avant que tous les acteurs ne soient parvenus à un consensus, assure-t-il.

Les bienfaits du fast-track

Le Consortium Pomerleau-Verreault a travaillé deux ans à développer le projet avant de signer le contrat. En recourant à la méthode de construction fast-track, les équipes ont pu entamer le processus de démolition de l’édifice Vidéotron avant même la signature de l’entente.

Ont suivi ensuite, l’ensemble des travaux de construction: l’excavation, le forage des caissons et l’érection de la structure ont débuté en août 2010, tandis qu’on coulait la dernière dalle de béton en janvier 2012. Dix-huit mois passés à démolir l’ancienne bâtisse et construire les nouveaux bâtiments auront permis au Consortium Pomerleau-Verreault de terminer la conception du projet en parallèle. Une économie de temps considérable dans le cadre d’un tel projet.

De façon continue, Marc Verreault voit à ce que tous les membres de l’équipe de Pomerleau-Verreault s’assurent auprès de tous les sous-traitants et fournisseurs de livrer les installations selon les spécifications exigées par le client. «Par souci de saine gestion, mon rôle est aussi de tenir informé le client de toutes demandes supplémentaires par rapport aux exigences qui pourraient engendrer des coûts additionnels. Il est possible d’apporter des changements en plus ou en moins, pourvu que le prix net soit nul», précise le directeur de projet.

Les défis de construire en milieu urbain

Ce projet de construction en plein cœur du centre-ville de Montréal présente des défis de gestion et de coordination à plusieurs niveaux. Mentionnons notamment l’exécution de travaux à proximité des artères majeures de la métropole (Viger, Sanguinet – Sortie numéro six de l’autoroute Ville-Marie, Saint-Antoine et Saint-Denis) et du tunnel du métro Champ-de-Mars, l’approvisionnement aux heures de pointe et la coordination des différents intervenants; Bell, la Commission des services électriques de Montréal (CSEM), le ministère des Transports du Québec (MTQ), la Ville de Montréal, la Société de transport de Montréal (STM), entre autres instances.

Une intervention sur la chaussée d’une sortie d’autoroute au centre-ville fut nécessaire afin de réaliser les travaux du tunnel reliant le CRCHUM à la station Champ-de-Mars. Consortium Pomerleau-Verreault a réalisé les travaux d’excavation, de livraison, de mise en place et de remblaiement du tunnel à l’intérieur d’un échéancier d’exécution très court de 16 jours ouvrables pour la construc­tion d’un tunnel piétonnier. Ce faisant, sans omettre la gestion efficace des services sous-terrains exécutés entre autres par Bell, la CSEM, égouts et aqueducs Montréal, tout en respectant les exigences temporelles édictées par le MTQ. Par ailleurs, la structure de la tour Viger enjambe le tunnel du métro, lequel passe sous le bâtiment.

Des pieux et des caissons ont été forés de part et d’autre du tunnel métro et reliés par des poutres de transfert afin d’isoler la structure du bâtiment de celle du métro. Toutes les manœuvres de forage et de mise en place des pieux et caissons ont été effectuées entre le tunnel du métro et de l’autoroute Ville-Marie. Ces opérations délicates, sous monitoring de séismographes positionnés à même les infrastructures, constituaient des défis de gestion et d’ingénierie considérables. Elles n’auraient pu être réalisées sans l’expertise et le professionnalisme des intervenants impliqués.

Afin de limiter autant que possible les impacts extérieurs, chaque intervention sur le domaine public a fait l’objet d’une coordination étroite avec l’ensemble des intervenants. Même scénario pour les interventions qui se sont inscrites en dehors de la réglementation municipale: Consortium Pomerleau-Verreault qui est tenu de limiter les heures de travail à l’intérieur des exigences prescrites par la Ville doit, pour exécuter toute intervention au-delà de la réglementation, présenter au préalable une demande d’autorisation auprès des intervenants publics et riverains concernés.

De plus, histoire d’assurer une bonne relation avec le voisinage, le CHUM, en collaboration avec le Consortium a coordonné des rencontres bisannuelles avec les citoyens, a assuré la publication d’infotravaux et une collaboration continue au site www.nouveauchum.com.

Des systèmes mécaniques sophistiqués

Construire un centre de recherche n’est pas à la portée de n’importe quelle firme. La complexité des devis de performance requiert qu’on s’adresse à des experts, notamment pour les systèmes électromécaniques de fine pointe qu’on veut y intégrer.

Après avoir participé à la construction de laboratoires de recherche au sein du Pavillon des sciences de l’UQAM entre 2004 et 2007, l’ingénieur spécialisé en mécanique du bâtiment, Rémi St-Laurent était bien préparé pour relever un autre défi de la sorte. Cette fois, à plus grande échelle.

Une autre difficulté se situe au niveau de l’échéancier admet le directeur du Consortium Lambert Somec Pomerleau-Verreault (LSPV) et coordonnateur en design électromécanique, Rémi St-Laurent; le délai serré pour développer et optimiser le design électromécanique de systèmes et procéder à la réalisation des travaux sur le chantier. Il ajoute à cela que l’obtention de la certification LEED Argent représente en elle-même un beau défi, mais, qu’en ce qui concerne l’électromécanique, le plus gros chalenge reste certainement l’atteinte de la cible énergétique, prédéterminée contractuellement en optimisant la récupération de l’énergie à l’intérieur du bâtiment.

«Dans un centre de recherche qui abrite des laboratoires spécialisés, tel que des laboratoires de confinement de niveau 3 (NC3), Cyclotron et une animalerie, on doit utiliser entre autres des systèmes de ventilation à 100 % d’air neuf, très performants au niveau de la filtration de l’air afin d’éviter toute contamination des usagers ou des animaux. C’est-à-dire que l’air dans ces secteurs ne peut pas être reconditionné et redistribué à l’intérieur du bâtiment. Il faut donc s’assurer de récupérer le maximum d’énergie qui se retrouve à l’intérieur de l’air que l’on rejette à l’extérieur.»

Dans son ensemble le CRCHUM est composé de plusieurs départements avec des conditions d’air ambiant qui leur sont propres. Ces particularités viennent multiplier le nombre et la variété des systèmes de ventilation. On parle d’une quarantaine de systèmes pour l’ensemble du complexe. En somme, les centres de recherche doivent ainsi recourir à des systèmes électromécaniques de haute qualité, qui vont au-delà de la performance de ceux que l’on retrouve dans des bâtiments traditionnels. Le succès et l’atteinte des objectifs d’un tel projet ne peuvent se réaliser sans la collaboration de professionnels et d’entrepreneurs spécialisés en électro­mécanique de qualité.

www.nouveauchum.com

Quelques chiffres techniques

  • Budget: 470 M$ (valeur actualisée nette)
  • Volume de béton: 36 000 m3 (14 piscines olympiques)
  • Nombre de voyages en camion: 4800
  • Tonnage d’acier: 4000 t
  • Kilométrage d’armature (barre 25 m): 1000 km
  • Surface de dalles Saint-Antoine: 16 250 m2
  • Surface de dalles Viger: 51 750 m2
  • Surface totale: 68 000 m2 (13 terrains de football)
  • Hauteur de bâtiment / Tour Viger: 75 m en plus d’une cheminée de 7 m (82 m en tout)
  • Hauteur de bâtiment / Tour Saint-Antoine: 32 m
  • Main-d’œuvre: période de pointe évaluée à 450 travailleurs

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