Concession A25 : la réussite du premier PPP routier

C’était le 9 juin 2007, alors que des milliers de Québécois attendaient cette nouvelle depuis plus d’une quarantaine d’années: le gouvernement du Québec allait de l’avant avec son premier projet routier en partenariat public-privé (PPP)! En effet, le ministère des Transports du Québec (MTQ) annonçait la sélection du consortium Concession A25 S.E.C. en vue de la conception, de la construction, du financement, de l’exploitation et de l’entretien du projet de para­chèvement de l’autoroute 25, reliant Montréal et Laval.

La signature de l’entente de partenariat de 35 années fut annoncée en septembre 2007 et le gigantesque projet débuta en février 2008. Il incluait notamment 7,2 km d’autoroute à quatre voies entre le boulevard Henri-Bourassa à Montréal et l’autoroute 440 à Laval, un pont haubané à six voies de 1,2 km enjambant la rivière des Prairies, une piste multifonctionnelle et des voies réservées aux autobus.

Cet axe routier constituait un premier test dans lequel bien des gens, dont l’équipe de Concession A25, fondaient beaucoup d’espoir. Pour satisfaire les attentes, il fallait penser autrement. Selon Daniel Toutant, président-directeur général de Concession A25, les ingrédients de la réussite furent un projet bien défini, et ce, dès le début, ainsi qu’une grande ouverture d’esprit de la part des artisans du projet. De plus, le respect de l’échéancier ralliait tous les intervenants au dossier, car on économiserait ainsi des millions de dollars.

Une nouvelle approche

Il fallait également tenir compte de la qualité de la construction, ainsi que de l’entretien pour les 30 années à venir. Au cours de sa carrière, Daniel Toutant a souvent entendu «on va construire et on verra après» à propos d’autres chantiers, mais dans ce cas, le partenaire Kiewit-Parsons évaluait aussi la durée de vie des éléments. «On n’a pas nécessairement pris le moins cher ou le plus cher; on a pris celui qui serait le plus facile à entretenir ou qui nous assurait d’avoir le meilleur rendement coût-performance», explique M. Toutant.

Puisque Concession A25 devra remettre l’autoroute à son état d’origine (ou presque) après les 35 années de l’entente, il fallait donc prévoir à long terme les réfections et les changements à apporter aux technologies de péage. Le partenaire privé avait d’ailleurs l’énorme tâche d’instaurer un système efficace de péage sans arrêt. La réponse de la clientèle est probante: le transpondeur est utilisé par plus de 80 % des usagers. Le système est à la fine pointe et le travail est déjà amorcé pour pallier les changements technologiques à venir.

Dès la première journée, l’achalandage dépassait les attentes. D’ailleurs, même le contribuable tire profit de cette réussite, car après un certain seuil de revenus – 120 % de l’achalandage prévu –, les revenus générés par le péage sont partagés: 50 % va directement dans les coffres de l’État, dans un fonds réservé à l’amélioration de l’ensemble du réseau routier et du transport collectif.

Un partenariat efficace et rentable

Ce nouveau tronçon de l’autoroute 25 est beaucoup plus qu’une bonne nouvelle pour les automobilistes, qui économisent du temps; il s’agit aussi une prémisse à d’autres PPP, grâce à la bonne gestion de Concession A25. Lors de l’inauguration, le 21 mai 2011, soit quatre mois avant la date contractuelle de livraison, le premier ministre Jean Charest avait souligné que ce PPP avait permis des économies estimées à plus de 200 M$ par rapport au mode de construction conventionnel.

Bien sûr, quelques défis se sont présentés en cours de route avant d’arriver à cet impressionnant résultat. Par exemple, c’était la première fois au Québec qu’un pont haubané d’une telle envergure était construit. Le taux de production de certains éléments était alors inconnu, mais grâce à la recherche, les constructeurs ont finalement gagné beaucoup de temps. Monsieur Toutant souligne également l’excellence du travail fait par le concepteur et constructeur Kiewit-Parsons, et que seulement deux accidents de travail mineurs sont survenus pendant toute la durée du projet, qui a requis plus de 1000 travailleurs.

Toutefois, ce qui apporte le plus de fierté au président-directeur général de Concession A25, c’est le véritable partenariat qui s’est créé avec le MTQ. «On a toujours eu, depuis le début, une approche de partenaires. Lorsque nous avions un problème, c’était un problème pour tout le monde et il était résolu au bénéfice de tout le monde. C’était aussi le cas avec Kiewit-Parsons [et Entretien Miller], qui ont fait un travail remarquable.»

La réussite du PPP avec Concession A25 marque-t-elle le début d’une nouvelle ère dans le domaine? À cela, Daniel Toutant répond: «Ce n’est pas la solution miracle, chaque projet doit être étudié et il faut voir les mérites des différents modes de réalisation… L’autoroute 25 s’y prêtait très bien!»

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