Un nouveau souffle pour le Casino de Montréal

Le réaménagement du Casino de Montréal a gagné plusieurs prix d’architecture, dont le Prix espace public et le Prix spécial surface aux Grands prix du design, de même que le Prix d’excellence de l’ICCA dans la catégorie Projets jeunes architectes/ingénieurs.

Par Mariane Landriau

Photo Stéphane Groleau
Photo Stéphane Groleau

Au fil des ans, à la suite d’agrandissements et de réaménagements successifs, le Casino de Montréal était devenu un véritable labyrinthe. Afin de donner une deuxième vie à ce lieu de loisir, autrefois le pavillon de la France d’Expo 67, on a confié à la firme MENKÈS SHOONER DAGENAIS LETOURNEUX Architectes, en consortium avec PROVENCHER ROY Associés Architectes, la refonte de toutes les aires publiques et privées et des espaces extérieurs du site. Par la même occasion, la cure de rajeunissement du Casino devait permettre d’améliorer la circulation intérieure et extérieure, de sorte que les visiteurs s’y retrouvent mieux.

Une promenade architecturale

Yves Dagenais, l’architecte chargé de projet, et son équipe ont voulu créer un crescendo dans la découverte du lieu, en harmonie avec la thématique de pur plaisir élaborée par Loto-Québec. Le parcours débute à la nouvelle entrée d’apparat – maintenant située du côté des stationnements –, dont la spectaculaire marquise ne manque pas d’attirer l’œil par son scintillement. En pénétrant dans le casino, on aperçoit le vestiaire, un élément signal doré autour duquel les gens circulent pour arriver dans le hall. Afin de délimiter les aires de jeu, les architectes y ont érigé une barrière en jouant avec l’acier inoxydable et le métal doré, créant un élément de porosité qui laisse apercevoir les aires de jeux tout en en limitant l’accès.

Ensuite, les visiteurs découvrent la pièce maîtresse, au centre de laquelle se trouvent des hubs superposés sur quatre étages, tels des jetons de jeu blancs flottant dans l’espace. Ces hubs abritent des salons auxquels on peut accéder par des passerelles et des escaliers. Tout autour de ces hubs, une résille métallique agit comme un filtre qui laisse voir les aires de jeu en contreplongée tout en créant une ambiance feutrée.

La lumière, un allié

Comme la clientèle du casino varie au fil de la journée, on s’est servi de l’éclairage pour donner un chatoiement aux différentes surfaces et ainsi créer différentes ambiances. Le matin, la lumière naturelle abondante donne lieu à une atmosphère de jeu paisible. Puis, en soirée, à l’aide de stores de différentes opacités, on remplace le soleil par un éclairage de type salon-bar pour accueillir une clientèle plus jeune.

Derrière les ascenseurs, un immense écran numérique contribue à implanter les différentes ambiances en diffusant des images adaptées au moment de la journée. Celles-ci se reflètent sur la surface blanche des hubs, qui font l’effet d’une immense lanterne.

Jouer avec les atouts

Pour faire ressortir la thématique du jeu, les concepteurs ont associé chaque étage à une figure du jeu de cartes. Au rez-de-chaussée, c’est le valet de carreau qui trône, avec la couleur or. On le retrouve un peu partout de façon discrète, par exemple dans les vinyles et en filigrane sur les verres dans les bars. La thématique se poursuit à l’étage suivant avec la dame de cœur et le rouge, qui donnent une ambiance un peu plus féminine et romantique. À l’opposé, le troisième niveau laisse place au roi de pique et au bleu, où l’on retrouve plus de tables de jeu, prisées surtout par les hommes. Au dernier étage, le joker et l’orange sont réservés aux jeux expérimentaux.

Commentaires

Autres articles du numéro

Les bâtiments verts, même s’ils ont obtenu la certification LEED, ne sont pas toujours durables […]
Mont-Tremblant, 12 août 2020 – Les gens d’élite à la recherche de luxe, d’architecture de […]
L’AAPQ tient à souligner la toute récente nomination de l’architecte paysagiste Mathieu Drapeau comme président […]