Bitume Québec trace le chemin de demain

Au Québec, avec les hivers imprévisibles et l’arrivée des beaux jours souvent ponctués de variations de température, il va sans dire que mère nature n’épargne pas nos chaussées. Le gel, le dégel et l’utilisation d’abrasifs malmènent nos routes.


Née de la volonté des producteurs de bitume (matière première à partir de laquelle on fabrique l’asphalte), Bitume Québec représente l’industrie de l’asphalte depuis 1992. Son rôle est de promouvoir les produits et les techniques innovatrices et performantes en matière de construction et de réfection des chaussées souples, communément appelées «chaussées en asphalte» ou «chaussées en enrobés bitumineux». Pour ce faire, l’association organise événements et formations, publie différents documents techniques, participe aux tables de discussion de l’industrie et intervient publiquement, au besoin. Bitume Québec contribue également au développement de nouveaux produits.

Les avantages environnementaux de l’asphalte

Pour l’association, qui représente une centaine de membres, dont les fournisseurs de bitume, les usines d’asphalte et les entreprises connexes, l’affaire est classée. Les chaussées souples ont la cote, entre autres pour leur aspect écologique. En effet, on a souvent l’impression que l’asphalte se pose à chaud, alors qu’elle se pose aussi à froid et à température tiède, explique Catherine Lavoie, ingénieure à la tête de l’association depuis plus de six ans. Ces nouvelles techniques de pose, qu’on commence à retrouver sur les routes du Québec, sont déjà coutume en Europe et aux États-Unis. Très écologiques, ces procédés diminuent les émissions de gaz à effet de serre et économisent l’énergie.

Outre leur aspect écologique, les enrobés de l’asphalte sont recyclables à 100 %, c’est-à-dire que l’ensemble de ce qu’on enlève des anciennes routes est conservé dans les usines d’asphalte ou dans les carrières. Par la suite, ces mêmes enrobés sont recyclés et posés à chaud. Selon madame Lavoie, «lorsqu’on chauffe l’enrobé dans une centrale, on ajoute au mélange neuf environ 20 % de vieil enrobé. On peut aussi recycler l’asphalte sur les chantiers et le reposer aussitôt. Il s’agit d’un procédé qu’on appelle le “retraitement en place”.» Le recyclage de l’enrobé est une technique pratiquée depuis 30 ans au Québec.

Catherine Lavoie ajoute que la revalorisation de l’asphalte est certainement l’un des plus grands avantages du bitume du point de vue environnemental. En effet, non seulement le bitume se recycle, mais on le revalorise, c’est-à-dire que la qualité du produit final obtenu équivaut à celle du produit initial.

L’asphalte comporte aussi d’autres atouts indéniables. Parmi ceux-ci, la directrice générale de Bitume Québec explique que les routes en enrobés bitumineux se construisent rapidement. De plus, quelques heures après leur mise en place, on peut rouler sur celles-ci. La sécurité, le faible bruit, l’adhérence et la réponse rapide lors de l’épandage de produits abrasifs sont d’autres caractéristiques importantes. De plus, l’absence de joints sur les chaussées souples offre aux utilisateurs un meilleur confort quant au roulement.

La durée de vie des chaussées

Une route en asphalte bien entretenue – si elle a été conçue avec les bonnes épaisseurs – peut durer 40 ans. Au Québec, les routes sont souvent endommagées parce qu’on a sous-estimé les projections de sollicitation du réseau routier lors de leur conception. En effet, entre 1980 et 2000, le nombre de camions sur les routes a plus que doublé! Trop nombreux, ceux-ci ont usé les routes qui n’étaient pas conçues pour soutenir autant de poids lourds. En effet, le passage d’un seul camion lourd équivaut à celui de 25 000 voitures en matière de charge axiale, d’où la mise en vigueur des règles pour la pesée des camions. Par ailleurs, il ne faut surtout pas oublier que des millions de véhicules de toutes sortes sollicitent nos infrastructures routières, et ce, annuellement.

Pour assurer la durée de vie des chaussées souples et compte tenu de la sollicitation importante du réseau routier, il faut s’assurer de bien planifier son entretien et les nouvelles exigences reliées à la conception et à la sécurité routière. À ce titre, Bitume Québec travaille en étroite collaboration avec le ministère des Transports du Québec (MTQ) pour mieux servir l’industrie et la population en général. L’une des demandes de l’association vise à obtenir une planification des travaux d’entretien des infrastructures routières sur une période de deux ans. Devancer le processus de quelques mois permettrait d’approuver les budgets et les devis plus rapidement pour ainsi mettre en branle les premiers chantiers dès la fin de la période de dégel plutôt qu’au début de juillet.

Dans les faits, étaler la saison de travaux de pose et d’entretien de l’asphalte maximiserait la durabilité du revêtement. Cela réduirait les engorgements routiers et les désagréments imposés aux utilisateurs, tout en ayant un impact significatif sur la sécurité des usagers de la route. D’autre part, la mise en place d’un plan d’entretien régulier des chaussées souples assurerait l’efficience des dépenses publiques et une performance accrue du réseau routier québécois.

En terminant, madame Lavoie précise que Bitume Québec, l’association québécoise des producteurs et des fournisseurs de bitume, est proactive dans les travaux routiers et est toujours prête à collaborer en ce sens avec les diverses instances qui ont aussi à cœur la sécurité et la qualité du réseau routier.

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