L’usine Soprema : bâtiment phare du quartier industriel de Drummondville

Pour Soprema, l’emplacement de choix de la nouvelle usine de fabrication de panneaux isolants en polyisocyanurate, à la jonction des autoroutes 20 et 55 à Drummondville, était une vitrine idéale pour obtenir de la visibilité. C’est pourquoi, lors du concours lancé pour la conception de la bâtisse, la qualité architecturale constituait l’enjeu le plus important dans la soumission.

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Le concept retenu par Soprema est celui proposé par le consortium formé des firmes ABCP architecture et Dominique Blais Architecte. Il mise sur la pérennité du bâtiment et la qualité de vie de ses occupants. Grâce à sa facture avant-gardiste, spécialement pour une usine, il devient en quelque sorte un élément phare du quartier industriel de Drummondville, annonçant le foisonnement technologique qui y a lieu.

Une abondante luminosité

Le bâtiment se compose de trois zones distinctes, soit une aire de production industrielle d’environ 7 000 mètres carrés, un entrepôt d’environ 14 000 mètres carrés et une aire administrative de deux étages totalisant 1 800 mètres carrés. Le pivot de la nouvelle usine de Soprema est sans contredit l’immense baie vitrée donnant sur l’autoroute 20 qui dévoile une partie de la chaîne de production. On y aperçoit, entre autres, le «hérisson», une énorme machine munie de nombreux bras disposés autour d’un cylindre qui sert à prendre les panneaux isolants et à les transporter dans la chaîne de production. Le soir, cet élément est mis en lumière à l’aide de projecteurs, un spectacle impressionnant pour les automobilistes.

Cette baie vitrée ainsi qu’un puits de lumière, baignent l’usine et l’entrepôt de lumière naturelle le jour, contribuant à la qualité de vie des employés. Pour éviter la monotonie qui est commune aux bâtiments industriels longs et peu élevés, la façade longeant l’autoroute est découpée par un jeu de plans disposés en angle, dont les surfaces perpendiculaires au mur sont percées de fenêtres verticales qui apportent de la luminosité jusqu’au fond de l’entrepôt. Ces fentes verticales sont également illuminées par des appareils d’éclairage le soir, soulignant la présence de Soprema à la tombée du jour. «Il ne s’agissait pas d’une dépense majeure, mais l’effet visuel est quintuplé, souligne Pierre Guimont, architecte associé chez ABCP. De plus, comme on le dit souvent, un environnement de travail agréable augmente le sentiment de fierté chez les employés, et la productivité est optimisée.»

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Des installations efficaces

Comme la Ville de Drummondville exigeait qu’une grande partie de la façade comporte des matériaux nobles, les architectes d’ABCP ont opté pour des panneaux muraux de fibrociment de marque Öko Skin pour remplacer la brique traditionnelle. Ce matériau confère une allure très contemporaine au bâtiment, plus novatrice qu’avec une simple maçonnerie, ce qui cadre parfaitement avec l’environnement du quartier industriel.

Dans le souci d’offrir un visuel épuré du point de vue de l’autoroute 20, un écran d’acier d’environ 40 pieds de hauteur cache la majorité des équipements extérieurs. Du côté de l’entrée principale, orientée vers le parc industriel, le secteur administratif forme un volume distinct de deux étages juxtaposé à un immense talus. Ce dernier sert de signal visuel pour l’entrée du bâtiment tout en permettant d’exposer différentes plantes que Soprema utilise dans ses aménagements de toitures vertes.

À la sortie de l’aire de bureaux, on retrouve le vestiaire des employés d’un côté et les laboratoires de recherche de l’autre. Dans la salle des employés qui fait également office de local de formation, un mur entier est aménagé en tableau blanc magnétique, invitant les employés à s’exprimer. Le transport fut également l’objet d’une attention particulière du point de vue environnemental. D’abord, les matériaux provenaient en majeure partie de fournisseurs locaux, dont le siège social de Soprema, situé deux kilomètres plus loin dans le parc industriel.

La disposition de lits de roches extrayait une grande partie de la poussière collée aux pneus des camions qui entraient et sortaient du chantier, en limitant les traînées aux alentours du site, évitant ainsi la pollution atmosphérique. Dans cette optique, le chantier était également humecté afin de garder la poussière au sol.

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L’éclairage aux diodes électroluminescentes (DEL), la présence de bornes de recharge pour voitures électriques près des portes d’entrée et les aménagements paysagers extérieurs composés d’espèces indigènes qui ne requièrent pas d’arrosage bonifient l’efficacité énergétique de la bâtisse.

Arrimage des intervenants

Malgré la complexité à combiner qualité du design et développement durable, le principal défi consistait à coordonner tous les professionnels de l’équipe collaborant au projet, dont Ronam Constructions: entrepreneur général, Lainco: fournisseur et concepteur des structures d’acier, Génécor: experts-conseils et ingénieurs en électromécanique, Axys consultants: ingénieurs civils.

Le respect qui s’est installé rapidement entre les intervenants a permis de livrer un projet très bien accueilli par la direction et les employés. «Dans tous nos projets, nous avons le souci d’offrir une excellente qualité de vie aux occupants, autant lumineuse qu’acoustique ou thermique», résume Pierre Guimont. D’ailleurs, la qualité de l’architecture et de l’efficacité écoénergétique du projet récompensé par le Prix d’excellence en immobilier – catégorie Industriel de l’Institut de développement urbain du Québec (IDU). Il ne s’agit sûrement pas du dernier prix que ce projet remportera! «L’ouverture d’esprit de la direction de Soprema et son désir de ne pas avoir un bâtiment monotone y sont pour beaucoup, conclut monsieur Guimont. Quand le client, lui-même, souhaite faire quelque chose de différent, le résultat ne peut qu’être intéressant!»

Photos Stéphane Groleau

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