MANON RENAUD ARCHITECTE, quand architecture moderne et ambiance chaleureuse riment

« Il ne faut pas oublier que les gens qui résident au manoir viennent d’endroits situés à plus de 70 kilomètres de Montréal. Bien souvent, ils sont habitués aux grands espaces et aux environnements naturels. Nous avons donc voulu recréer le plus possible cette ambiance agréable dans les aires communes ».

La construction du nouveau bâtiment du Manoir Ronald McDonald de Montréal découle du projet de modernisation et d’agrandissement du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine. Maintenant situé à l’arrière de l’hôpital, le Manoir se devait de faire la transition entre le secteur résidentiel qui jouxte le terrain et les bâtiments institutionnels qui lui font face, un défi relevé avec brio par l’architecte Manon Renaud.

Trois blocs contigus

«Il faut dire que cette idée de transition entre l’institutionnel et le résidentiel va de pair avec la mission du Manoir qui cherche à recréer un climat d’intimité à l’intérieur d’un bâtiment qui peut accueillir jusqu’à 50 familles», explique d’entrée de jeu l’architecte. Pour parvenir à créer l’ambiance recherchée, elle a donc misé sur une construction en trois blocs, chacun ayant une fonction particulière.

À l’angle du chemin Hudson et de l’avenue de Soissons, on retrouve d’abord le bâtiment d’accueil. Traité comme une résidence contemporaine, le bâtiment se veut à l’image d’une «petite maison», avec une juxtaposition de matériaux semblables à ceux des résidences environnantes, des bords de toit travaillés et une entrée en demi-lune pour faciliter l’arrivée des jeunes enfants et le transport des bagages à l’accueil. À l’intérieur, on retrouve les bureaux administratifs et l’appartement de la directrice qui y réside en permanence.

Un resserrement entraîne ensuite le visiteur dans le second bloc qui contient les aires communes, lesquelles sont réparties sur trois étages : au rez-de-jardin se trouvent les cuisines et la salle à manger, au premier, le grand hall et au second, les salons, les aires de jeu et la bibliothèque. Ce second bâtiment est conçu de façon à maximiser l’apport de lumière naturelle et à ouvrir la vue sur le paysage, c’est pourquoi on note une importante fenestration, tant aux étages qu’au rez-de-jardin. Pour accentuer le passage de la lumière, les étages sont également décalés, de sorte que la lumière naturelle qui traverse le hall atteint la salle à manger située un étage plus bas. « Il ne faut pas oublier que les gens qui résident au manoir viennent d’endroits situés à plus de 70 kilomètres de Montréal. Bien souvent, ils sont habitués aux grands espaces et aux environnements naturels. Nous avons donc voulu recréer le plus possible cette ambiance agréable dans les aires communes », explique Manon Renaud.

Enfin, le dernier bloc compte quatre étages où l’on retrouve les 50 chambres, dont 7 ont été spécialement aménagées pour accueillir des personnes à mobilité réduite. Les chambres, quant à elles, contiennent toutes un lit jumeau, un lit double, un divan pouvant se transformer en lit, un bureau de travail et une salle de bain complète.

Aménagement et choix des matériaux

Comme le Manoir devait s’arrimer avec l’architecture des édifices en place, l’architecte a arpenté les rues du voisinage afin de dégager les caractéristiques principales des bâtiments résidentiels ou non qui s’y trouvent. Ainsi, le choix de la maçonnerie brun chocolat rappelle le revêtement des maisons à proximité alors que la pierre naturelle beige fait référence à l’hôpital Sainte-Justine. L’architecte a finalement ajouté des panneaux de bois qui donnent au nouveau manoir un côté chaleureux marqué.

Pour l’intérieur, il a été décidé d’utiliser des matériaux et des peintures de couleurs neutres, auxquels s’ajoutent des accessoires de couleurs accent qui pourront être changés au fil du temps pour suivre les tendances. Toutefois, les salons pour les enfants de 0 à 6 ans, de 6 à 12 ans et pour les adolescents se distinguent du lot par l’ajout de revêtement souple de couleur vive au plancher et par la peinture colorée de certains murs.

Dans l’ensemble de l’aménagement intérieur des aires communes et de l’accueil, on note finalement l’utilisation prépondérante du verre dans les jeux de division, de sorte qu’il est aisé pour les parents de jeter un oeil sur leurs enfants, même si ces derniers se trouvent dans la pièce voisine.

L’aménagement extérieur

On ne peut passer sous silence l’aménagement paysager du site qui, fragmenté, donne une impression de grandeur au terrain restreint. L’aménagement inclut d’ailleurs une aire de jeu aménagée, une immense terrasse et une bordure d’arbres près des chambres du rez-de-chaussée pour préserver l’intimité des gens qui y résident.

Du reste, l’aménagement paysager se compose de plantes indigènes qui nécessitent un apport d’eau inférieur. Cela fait partie des nombreuses mesures mises de l’avant pour diminuer l’impact écologique du bâtiment parmi lesquelles on note également l’utilisation de peinture écologique et de matériaux locaux, le recyclage des matériaux, la géothermie et l’installation de capteurs solaires sur les toits. À terme, on prévoit même une baisse de 50 % des coûts associés au chauffage du bâtiment, au point où celui-ci coûtera moins cher à chauffer que le précédent!

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